4ème Salon national des véhicules intermédiaires (vélis) – 21 & 22 septembre 2026 – Couvent des Jacobins, Rennes
Organisé par l’ADEME (agence de la transition écologique), en partenariat avec Rennes Métropole, la Région Bretagne et avec le soutien de ID4Mobility, le 4ᵉ Salon national des véhicules intermédiaires (vélis) s’inscrit dans le cadre de l’eXtrême Défi Mobilité.
Rencontre avec Gabriel Plassat, pilote et coordinateur du programme eXtrême Défi Mobilité (XD) à l’ADEME
« Nous entrons dans une nouvelle phase : celle du marché pour un déploiement à grand échelle »
Gabriel Plassat dresse un bilan sans concession des progrès accomplis et des défis à relever pour passer à l’échelle industrielle. Son analyse, nourrie par quatre ans d’expérience, met en lumière trois enjeux majeurs pour 2026.
Les véhicules intermédiaires sont passés du dessin à la route. Les premiers prototypes circulent, les usages se précisent et les industriels se structurent. Le défi évolue donc : accompagner le passage vers le marché et créer les conditions d’un déploiement à grande échelle.
Une communauté qui agit comme un écosystème et un accélérateur
Pour Gabriel Plassat, la communauté XD fonctionne comme un écosystème vivant, où chaque acteur contribue à l’avancée collective. « La communauté, c’est un écosystème qui apprend en marchant. On ne part pas de zéro : on capitalise sur les retours terrain, les échecs comme les succès, et surtout, on mutualise les risques. Concrètement, les constructeurs ne travaillent plus chacun dans leur coin. Ils collaborent sur des composants standardisés – châssis, batteries, trains avant – pour réduire les coûts et accélérer l’industrialisation. »
Il insiste sur l’importance de la transparence : « Tous nos projets – qu’ils aboutissent ou non – sont documentés dans un wiki public. Résultat : un nouveau constructeur qui arrive aujourd’hui bénéficie de trois ans d’essais et d’erreurs collectifs. C’est un accélérateur sans précédent. »
Un marché mature en 2026, les chiffres à l’appui !
Gabriel Plassat est formel : le marché des vélis est mature. Les chiffres le confirment :
• 26 000 microcars vendues en France en 2023 (+15 % par an) ;
• 55 % des ventes sont désormais électriques (contre 5 % en 2019) ;
• 50 % des trajets urbains pourraient être couverts par des vélis d’ici 2030 (étude McKinsey) ;
• 30 % des trajets voiture sont substituables par un véli (étude AVELI) ;
• 20 000 à 30 000 L6 (voitures sans permis) vendus chaque année, privé et public confondus.
Les besoins sont déjà identifiés. Les collectivités cherchent des véhicules plus sobres pour leurs services techniques. Les entreprises souhaitent réduire le coût de leurs déplacements et de leurs livraisons. Les acteurs du tourisme développent de nouvelles offres de mobilité. Dans beaucoup de situations, les vélis constituent une réponse pertinente.
Pour lui, le défi n’est plus technologique, mais commercial et culturel. « Le marché existe bel et bien. Ce qui manque, c’est la visibilité et la confiance. Les professionnels – flottes d’entreprise, collectivités, acteurs de la logistique – ont besoin de voir, toucher, essayer. C’est tout l’enjeu du salon de Rennes. Et surtout : il ne faut pas attendre. Si on ne bouge pas maintenant, la fenêtre industrielle se refermera. La Chine avance à toute vitesse. Nous, on a une carte maîtresse à jouer : l’éco-conception, la réparabilité, la souveraineté européenne. »
Les enjeux sur les marchés professionnels : testez, expérimentez, commandez.
Gabriel Plassat identifie trois défis majeurs pour le déploiement des vélis :
- D’abord la priorité au B2B : « Les flottes d’entreprise, les collectivités, la logistique… Ce sont des marchés rationnels (on raisonne en coût d’usage, en ROI) et contraints (LOM, verdissement des flottes). Avant d’avoir des aides à l’achat, commençons par le B2B, c’est plus rationnel grâce au coût d’usage/possession. Et puis, depuis début 2026, ils sont comptabilisés dans le verdissement des flottes. » Gagner quelques % dans la flotte c’est déjà un marché !
- La réglementation doit bouger. « Il faut faire évoluer le code de la route. Aujourd’hui, les L7 (véhicules à 90 km/h) n’ont pas accès aux voies rapides. Sans ces évolutions, on bloque le grand déploiement. »
- Le financement enfin. « Aujourd’hui, par exemple les solutions de leasing n’existent pas parce qu’on ne connait pas la valeur résiduelle dans 3 ans des vélis. On travaille donc dessus avec les assureurs et les financeurs. »
Un message clair aux professionnels
Gabriel Plassat conclut par un appel à l’action sans équivoque : « Testez, expérimentez, commandez. 15 millions de Français sont en précarité mobilité – et 50 % des personnes en insertion ont déjà refusé un emploi faute de solution de mobilité. Les vélis sont une réponse concrète, immédiate. Et n’oublions pas : le score environnemental des vélis est excellent – éco-conçus, réparables, avec un coût kilométrique très faible. C’est une solution gagnante sur tous les plans. »
« C’est maintenant ! Les acheteurs ont un rôle à jouer sur l’offre française. 1 véhicule sur une flotte de 100 c’est déjà un marché. »
REPÈRES
L’eXtrême Défi Mobilité en chiffres
• 169 projets accompagnés
• 155 prototypes développés
• Plus de 40 constructeurs impliqués
• 20 territoires d’expérimentation
• 178 cas d’usage explorés
• Une communauté réunissant industriels, collectivités, chercheurs et utilisateurs autour d’un objectif commun : accélérer l’émergence du marché des vélis.
Le saviez-vous ?
Plus de 1 000 pages de documentation technique, de retours d’expérience et de ressources sont désormais accessibles dans le wiki collaboratif de l’eXtrême Défi. Une base de connaissances ouverte qui permet aux nouveaux projets de gagner un temps précieux et d’éviter de reproduire les mêmes erreurs.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]
